samedi 7 mai 2016

Y'a d'la Voix...



Cette semaine j'ai entendu  parler de deux livres sortis sur la voix.
Probablement ces émissions étaient elles programmées en parallèle à Tous à l'opéra ...

L'un d'un professeur de chant, dont je ne parlerai pas ici puisque le principe de base du souffle qu'elle avance va à l'encontre de celui qui me semble juste (j'ai essayé les deux, longuement !).
L'autre d'un phoniatre connu et reconnu , le Pr Jean Abitbol auteur du livre : le pouvoir de la voix.

Ces deux professionnels de la voix m'ont amené à réfléchir sur ce dont ils parlent et ce dont ils ne parlent pas.

Le professeur parle de respiration, de souffle à l'envers, et comme elle a raison, de "baisser" le diaphragme, bref de technique...et de ses célèbres élèves.

Le phoniatre parle d'émotion, bien plus que de technique ou de physiologie.
De l'émotion de l'émetteur : le chanteur, l'orateur, chacun d'entre nous.
Et de l'émotion du récepteur : le public qu'il soit celui d'un concert, d'un meeting politique ou d'une conversation entre amis.

Et , bien sûr, ces deux professionnels de la voix ont raison, la voix est faite de muscle et d'émotion(s).
Et parfois défaite à cause des muscles et des émotions.
Nous revenons là à l'approche globale de la médecine chinoise, et de ma pratique de sonopraticien, où corps et esprit sont toujours intimement liés.

Mon expérience  de chanteur et de professeur de chant, durant 25 ans, et ma pratique énergétique, durant 10 ans, plus que régulières, m'amènent à vous parler de la voix avec un regard complémentaire, ou plutôt sous un angle différent.


Je suis un admirateur absolu de Maria Callas, dont j'ai découvert la voix en 1986, il y a 30 ans donc !
Depuis, le grand amateur de voix que je suis n'a pas trouvé d'équivalent.
Non, ce n'est pas du fanatisme pur , comme on peut être fan de Claude François ou de Lady Gaga.
Non, ce n'est pas parce que je suis à la recherche d'une "autre Callas", celle-ci me convient très bien, puisque j'adore écouter Véronique Sanson, que certaines voix de The Voice me touchent (le timbre et le potentiel de Côme...), ou encore la pâte vocale de Sylvia Howards en Jazz. (et je ne vous parle pas de Johnny qui m'électrise...tiens c'est peut-être lui l'équivalent ?)
Non, ce n'est pas parce que "c'était mieux avant" !


J'ai en tête l'anecdote de mon premier professeur de chant, qu'elle donnait en réponse a une amie qui ne comprenait pas pourquoi le public se mettait dans un tel état, du type des fans d'Elvis, pour une voix aussi laide. (sic).
Notre professeur avait assisté à une représentation parisienne de Callas (Norma ou Tosca, je ne sais plus)  et elle nous raconta ceci :
" Callas est entrée sur scène, sans chanter, et nous nous sommes retrouvés saisis par cette présence, ce charisme extraordinaire. (le nous englobait le public car notre professeur parlait là d'un vrai phénomène collectif)
Et elle s'est mise a chanter, et soudainement nous étions collés au fond de nos sièges par cette voix au timbre unique, par ce jeu d'actrice si juste, par cette musicalité si respectueuse du compositeur et de l’œuvre alliant sens du mot et de la note.
Mais surtout elle nous touchait physiquement, droit au cœur, oui, mais droit au corps.
Et lorsque sa dernière note prenait fin c'était comme si elle nous libérait de cette emprise et que nous pouvions enfin extérioriser nos ressentis, et nous nous retrouvions debout à hurler et applaudir sans nous en rendre compte."

Il n'était donc là pas uniquement question de timbre, de muscle ou d'émotion. Il était question de quelque chose de supérieur qui venait, non pas en sus, mais en base de tout le reste.
Car oui LA Callas était une immense technicienne de la voix, une musicienne qui respectait la partition comme personne, une actrice qui savait les rouages du jeu d'acteur, une interprète qui prenait son rôle à bras le corps.
Et il y avait cette présence...cette aura !
Et cela on le ressentait au disque, à la vidéo, imaginez donc en direct !
Emmanuelle Laborit, actrice sourde, raconte dans "le cri de la mouette" comment cette voix l'a saisie au ventre quand son ami l'écoutait sur son "tourne-disque".
Les aborigènes d'Australie sont émus aux larmes quand on leur donne à voir et à entendre Callas chantant Casta Diva.

Encore une fois il est question d'aura.
Et pour l’énergéticien que je suis ce mot n'est pas anodin.

Et si Callas avait tout simplement posé son ego de côté, quoi qu'on en dise et qu'on en pense, et laissé la musique et sa voix vibrer dans toutes ses dimensions. Pas seulement physique, émotionnelle, mentale... toutes les autres !
Et si c'étaient toutes ces dimensions qui venaient contacter les nôtres ? De cœur à cœur, de corps à corps, d’âme à âme ?

J'aime à le croire.

C'est cette expérience que je vis comme chanteur depuis maintenant plusieurs années (Attention pas de comparaison avec Callas !!) et que j'ai envie de transmettre à tous ceux qui ont envie de mieux connaitre leur voix ou mieux se connaitre par leur voix.

Comme j'ai encore beaucoup de choses à vous dire sur la voix et sur le potentiel qui existe chez chacun de nous...
Je reviendrai pour un second, ou deuxième, épisode.
En attendant voici la rencontre qui a changé ma vie alors que EMI sortait un album souvenir pour les 10 ans de la mort de Maria Callas : La voix du siècle (tout est dit).



Tous à l'opéra c'est encore demain !
Patricia Petibon en est la marraine.
Une chanteuse qui chante dans toutes les dimensions ? (la réponse est dans la question !)

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