mercredi 11 mai 2016

Du chant dans les bronches.


Et si pour parler voix on parlait souffle ?

Dans un précédent article, je raconte cette anecdote sur les vignettes que nous vendions, enfant, pour soutenir la recherche sur les maladies respiratoires.
Le slogan en était : Le souffle c'est la vie

Je trouve ce slogan génial car tout est dit !

Voilà, merci de m'avoir lu, et à bientôt.

Tout est dit mais on peut développer un peu.


Lorsque l'enfant parait, au sens propre du terme c'est à dire quand il montre le bout de son nez, son premier réflexe n'est pas de crier. Ce n'est qu'une conséquence. Son premier réflexe est de respirer !
Une belle inspiration qui emplit les poumons et une belle expiration puissante qui les vide ! En passant entre les corde vocales l'air sous pression les fait vibrer et voilà le son !
Je suis témoin que certains enfants ne crient pas tout en respirant parfaitement.
Le premier réflexe est donc : la mise en route du souffle physique.

Notre vie entière se passe à respirer... jusqu'à notre dernier souffle.
Je vous parle bien là de notre vie physique.
Selon les croyances de chacun le souffle de vie nous traverse bien avant notre naissance, et nous porte "ailleurs" après notre mort.
Pour d'autres il s'agit du souffle divin, etc.

Le long de l'axe de la verticalité humaine, la connaissance symbolique hiérarchise trois champs de rapports au monde. Elle symbolise de façon unitaire ces champs par la notion de souffle. Ainsi, trois types de souffles les animeraient : le souffle cosmique, le souffle animal et le souffle vital. Correspondant respectivement au niveau de la tête, à celui de la poitrine et à celui du ventre, cette tripartition symbolique constitue l'image traditionnelle de l'humain archétype.
Alain DELAUNAY, « SOUFFLE, symbolique  », Encyclopædia Universalis

Trois champs de rapport au monde, c'est une vérité physique également.
Ne serait-ce que par l'échange de fluide, oui pour moi le souffle est fluide,  le souffle nous situe dans la notion d’échange et de partage.
Avec notre environnement, dans le sens nature, j'aime cette idée d’interaction entre le végétal et nous. L'un rejetant le CO2 nécessaire à l'autre qui, en échange, offre le O2 nécessaire à l'un.
Avec notre environnement dans le sens humain, non pas que l'humain soit hors nature, disons dans son acception sociale et sociétale. Puisque la parole est un des moyens d'échange avec l'autre non négligeable, doux euphémisme. Et que certaines personnes qui nous entourent peuvent aussi bien nous "pomper l'air" que nous "regonfler".

La respiration, avec le travail du diaphragme nous emplit donc d'énergie apportée de l'extérieur.
Et elle nous permet de nous recontacter avec notre énergie intérieure.
La base même de la méditation n'est-elle pas la respiration ? 
Plus le mouvement du diaphragme est ample, plus nous sommes détendus, physiquement et mentalement.
Plus nous sommes en contact avec ce mouvement primordial, cette circulation du souffle, plus nous pouvons poser le mental, le mettre de côté et nous tourner vers notre spiritualité.

Nous parlions de toutes les dimensions dans l'article précédent.
La circulation du souffle entraîne ce que l'on appelle la respiration cellulaire, qui fournit de l'énergie.

Elle traverse aussi tous les chakras, centres énergétiques, depuis le racine, par le mouvement essentiel du petit bassin et plus précisément du plancher pelvien (je reviendrai sur ce sujet qui me tient à cœur) jusqu'à la boîte crânienne par la mise en route des différentes chaines musculaires.
Le chemin du racine au couronne n'étant que le chemin du plan le plus physique et concret au plan le plus spirituel et abstrait (que notre mental a du mal à élaborer).
Je simplifie, bien sûr, mais vous comprenez qu'il s'agit de ces fameuses dimensions.

Et, par le plus heureux des bonheurs, chacun des ces centres énergétiques correspond à un point technique du chant, ou de la parole déclamée, ou même du murmure si notre voix est justement placée, ou, en d'autres termes, véritablement connectée à notre souffle, qu'il soit physique ou divin.



Il est temps de conclure cet article, qui pourrait paraître éloigné de la voix.
En réalité le souffle nous montre la voie à suivre pour suivre notre voix.
Alors la suite, vocale, au prochain article.

Et comme il m'est impossible de publier un article sans l'accompagner de quelques notes de musique, voici un morceau joué au duduk (doudouk) sublime instrument à vent, très proche de la voix; utilisé dans la musique traditionnelle arménienne.
A vous de ressentir la douce puissance du souffle, qu'il soit physique ou divin...les deux ?




 

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