mercredi 18 mai 2016

Y a de la voix - épisode 3 - Le corps, ce vaisseau !


"Je suis le vaisseau par lequel est passé Le Sacre".
Ainsi parlait Igor Stravinsky quand il évoquait la création, plus que la composition, du Sacre du Printemps, son œuvre phare.





Lorsque l'on parle du souffle, dans toutes ses acceptions, il est bien entendu qu'il lui faut un réceptacle, un vaisseau pour trouver son expression dans notre monde matériel.

Et ce magnifique vaisseau, c'est notre corps. (Entre autres. On pourrait bien sûr parler du végétal... et autres règnes terrestres).

Le chanteur a une différence remarquable par rapport à l'instrumentiste, tous deux étant musiciens, quoi que les blagues d'instrumentistes disent !

Il est  :
l'instrument,
le luthier
l'instrumentiste.

3 en un, aussi bien que les meilleures lessives.

A défaut de laver plus blanc, le chanteur a donc la mission primordiale de prendre soin de l'instrument qu'il est.

Cela veut dire, dans un premier temps, de lui donner toutes les chances d'exprimer son potentiel naturel de parfaite santé. Car la parfaite santé est ce pourquoi notre corps est programmé.
Dans ce but le chanteur, et l'être humain en général, doit veiller à l'équilibre entre le corps et l'esprit, et à l'équilibre de l'énergie du corps, du mental, et des émotions. Les trois piliers qui font notre quotidien.

Copyrigth - Vl. Kush - Equilibre

Je ne vous apprendrai rien si je vous dit qu'il y a de quoi faire dans ce beau programme !

Je n'irai point trop avant dans  cette direction, qui a vu publier des dizaines d'ouvrages, qui consiste à envisager que comme le corps est programmé pour la santé parfaite, donc l'équilibre, les émotions et le mental sont programmés pour la santé parfaite...donc l'équilibre.
Parfois il est plus simple de l'envisager pour le corps que pour l'esprit. Mais c'est bien la même chose.

Une virgule publicitaire, comme on disait à la radio il y a ...quelques années :
pour œuvrer au retour à l'équilibre  et à l'expression du potentiel de santé parfaite de votre corps et de votre esprit, pensez à la sono-thérapie...

http://tout-est-vibration.blogspot.fr/p/videos.html
Cliquez sur le logo pour en savoir plus.


Le deuxième temps, pour le chanteur, est de connaitre et reconnaitre son fonctionnement musculaire, pour trouver l'équilibre entre tonicité et détente. Et pour que le son soit le plus fluide possible, le plus confortable possible, le plus en mouvement possible.
Hors qui dit mouvement dit ... émotion.
Larousse : émotion : de émouvoir, d'après l'ancien français motion, mouvement.

Là encore il est question d'équilibre entre le travail des muscles, la structure osseuse, les pressions. Dans le cas du souffle, lui laisser toute sa fluidité, quel que soit le débit, est encore une fois une démarche d'équilibre. Bien sûr on peut arguer qu'un bon souffle c'est un diaphragme bien étale, puisque plus la surface est grande, moins la pression est élevée.
Et le larynx, une pression pas trop élevée , il adore !
Pas de résistance à opérer au delà du nécessaire à la phonation.
Les petites cordes (deux) vocales vibrent avec bonheur et béatitude (si si) dans ce larynx mobile (qual piuma al vento...ha ha).
Et je ne vous parle pas de l'équilibre entre les pressions sus et sous glottique. (non, n'insistez pas !)

Parce qu'il y a ce troisième temps dont il faut parler.
Le temps de l'Esprit. Celui dont parle Stravinsky et que d'aucuns appellent Inspiration.
Larousse : inspiration : du latin inspiratio, -onis, souffle.

Nous y voilà.
Et ce souffle il faut lui laisser l'espace de circuler.

Lorsque l'on inspire de l'air, puis lorsque l'on expire cet air en chantant, nous sommes vigilants à créer le plus d'espace possible en nous pour sa libre et fluide circulation.
Comment créer en nous cet espace de libre et fluide circulation de cet autre souffle ?
En déposant notre Ego ?
En nous ôtant du chemin ? (comme dit Eric Pearl au sujet de la pratique de la reconnexion)
En apaisant notre mental ?

Peut-être avez-vous d'autres propositions ?

Créer de l'espace, dans toutes nos dimensions, pour la libre circulation du souffle, dans toutes ses dimensions, quelle merveilleuse pratique pour nous amener à la libre expression de nous-même ?
Qu'il soit question de chant, ou non.


Et comme je tâche d'appliquer ce que je transmets, comme professeur de chant ou comme praticien, c'est l'inspiration qui m'a amené à écrire cet article qui, une fois terminé et relu, s'avère être en parfaite adéquation avec le prochain atelier que je propose aux Echos de Soi le jeudi 26 mai à 12h30 : MéditaSon.
Allez jeter un œil ici, si cela vous tente.

Je vous souhaite une excellente journée toute d'espace et de souffle libre.

mercredi 11 mai 2016

Du chant dans les bronches.


Et si pour parler voix on parlait souffle ?

Dans un précédent article, je raconte cette anecdote sur les vignettes que nous vendions, enfant, pour soutenir la recherche sur les maladies respiratoires.
Le slogan en était : Le souffle c'est la vie

Je trouve ce slogan génial car tout est dit !

Voilà, merci de m'avoir lu, et à bientôt.

Tout est dit mais on peut développer un peu.


Lorsque l'enfant parait, au sens propre du terme c'est à dire quand il montre le bout de son nez, son premier réflexe n'est pas de crier. Ce n'est qu'une conséquence. Son premier réflexe est de respirer !
Une belle inspiration qui emplit les poumons et une belle expiration puissante qui les vide ! En passant entre les corde vocales l'air sous pression les fait vibrer et voilà le son !
Je suis témoin que certains enfants ne crient pas tout en respirant parfaitement.
Le premier réflexe est donc : la mise en route du souffle physique.

Notre vie entière se passe à respirer... jusqu'à notre dernier souffle.
Je vous parle bien là de notre vie physique.
Selon les croyances de chacun le souffle de vie nous traverse bien avant notre naissance, et nous porte "ailleurs" après notre mort.
Pour d'autres il s'agit du souffle divin, etc.

Le long de l'axe de la verticalité humaine, la connaissance symbolique hiérarchise trois champs de rapports au monde. Elle symbolise de façon unitaire ces champs par la notion de souffle. Ainsi, trois types de souffles les animeraient : le souffle cosmique, le souffle animal et le souffle vital. Correspondant respectivement au niveau de la tête, à celui de la poitrine et à celui du ventre, cette tripartition symbolique constitue l'image traditionnelle de l'humain archétype.
Alain DELAUNAY, « SOUFFLE, symbolique  », Encyclopædia Universalis

Trois champs de rapport au monde, c'est une vérité physique également.
Ne serait-ce que par l'échange de fluide, oui pour moi le souffle est fluide,  le souffle nous situe dans la notion d’échange et de partage.
Avec notre environnement, dans le sens nature, j'aime cette idée d’interaction entre le végétal et nous. L'un rejetant le CO2 nécessaire à l'autre qui, en échange, offre le O2 nécessaire à l'un.
Avec notre environnement dans le sens humain, non pas que l'humain soit hors nature, disons dans son acception sociale et sociétale. Puisque la parole est un des moyens d'échange avec l'autre non négligeable, doux euphémisme. Et que certaines personnes qui nous entourent peuvent aussi bien nous "pomper l'air" que nous "regonfler".

La respiration, avec le travail du diaphragme nous emplit donc d'énergie apportée de l'extérieur.
Et elle nous permet de nous recontacter avec notre énergie intérieure.
La base même de la méditation n'est-elle pas la respiration ? 
Plus le mouvement du diaphragme est ample, plus nous sommes détendus, physiquement et mentalement.
Plus nous sommes en contact avec ce mouvement primordial, cette circulation du souffle, plus nous pouvons poser le mental, le mettre de côté et nous tourner vers notre spiritualité.

Nous parlions de toutes les dimensions dans l'article précédent.
La circulation du souffle entraîne ce que l'on appelle la respiration cellulaire, qui fournit de l'énergie.

Elle traverse aussi tous les chakras, centres énergétiques, depuis le racine, par le mouvement essentiel du petit bassin et plus précisément du plancher pelvien (je reviendrai sur ce sujet qui me tient à cœur) jusqu'à la boîte crânienne par la mise en route des différentes chaines musculaires.
Le chemin du racine au couronne n'étant que le chemin du plan le plus physique et concret au plan le plus spirituel et abstrait (que notre mental a du mal à élaborer).
Je simplifie, bien sûr, mais vous comprenez qu'il s'agit de ces fameuses dimensions.

Et, par le plus heureux des bonheurs, chacun des ces centres énergétiques correspond à un point technique du chant, ou de la parole déclamée, ou même du murmure si notre voix est justement placée, ou, en d'autres termes, véritablement connectée à notre souffle, qu'il soit physique ou divin.



Il est temps de conclure cet article, qui pourrait paraître éloigné de la voix.
En réalité le souffle nous montre la voie à suivre pour suivre notre voix.
Alors la suite, vocale, au prochain article.

Et comme il m'est impossible de publier un article sans l'accompagner de quelques notes de musique, voici un morceau joué au duduk (doudouk) sublime instrument à vent, très proche de la voix; utilisé dans la musique traditionnelle arménienne.
A vous de ressentir la douce puissance du souffle, qu'il soit physique ou divin...les deux ?




 

samedi 7 mai 2016

Y'a d'la Voix...



Cette semaine j'ai entendu  parler de deux livres sortis sur la voix.
Probablement ces émissions étaient elles programmées en parallèle à Tous à l'opéra ...

L'un d'un professeur de chant, dont je ne parlerai pas ici puisque le principe de base du souffle qu'elle avance va à l'encontre de celui qui me semble juste (j'ai essayé les deux, longuement !).
L'autre d'un phoniatre connu et reconnu , le Pr Jean Abitbol auteur du livre : le pouvoir de la voix.

Ces deux professionnels de la voix m'ont amené à réfléchir sur ce dont ils parlent et ce dont ils ne parlent pas.

Le professeur parle de respiration, de souffle à l'envers, et comme elle a raison, de "baisser" le diaphragme, bref de technique...et de ses célèbres élèves.

Le phoniatre parle d'émotion, bien plus que de technique ou de physiologie.
De l'émotion de l'émetteur : le chanteur, l'orateur, chacun d'entre nous.
Et de l'émotion du récepteur : le public qu'il soit celui d'un concert, d'un meeting politique ou d'une conversation entre amis.

Et , bien sûr, ces deux professionnels de la voix ont raison, la voix est faite de muscle et d'émotion(s).
Et parfois défaite à cause des muscles et des émotions.
Nous revenons là à l'approche globale de la médecine chinoise, et de ma pratique de sonopraticien, où corps et esprit sont toujours intimement liés.

Mon expérience  de chanteur et de professeur de chant, durant 25 ans, et ma pratique énergétique, durant 10 ans, plus que régulières, m'amènent à vous parler de la voix avec un regard complémentaire, ou plutôt sous un angle différent.


Je suis un admirateur absolu de Maria Callas, dont j'ai découvert la voix en 1986, il y a 30 ans donc !
Depuis, le grand amateur de voix que je suis n'a pas trouvé d'équivalent.
Non, ce n'est pas du fanatisme pur , comme on peut être fan de Claude François ou de Lady Gaga.
Non, ce n'est pas parce que je suis à la recherche d'une "autre Callas", celle-ci me convient très bien, puisque j'adore écouter Véronique Sanson, que certaines voix de The Voice me touchent (le timbre et le potentiel de Côme...), ou encore la pâte vocale de Sylvia Howards en Jazz. (et je ne vous parle pas de Johnny qui m'électrise...tiens c'est peut-être lui l'équivalent ?)
Non, ce n'est pas parce que "c'était mieux avant" !


J'ai en tête l'anecdote de mon premier professeur de chant, qu'elle donnait en réponse a une amie qui ne comprenait pas pourquoi le public se mettait dans un tel état, du type des fans d'Elvis, pour une voix aussi laide. (sic).
Notre professeur avait assisté à une représentation parisienne de Callas (Norma ou Tosca, je ne sais plus)  et elle nous raconta ceci :
" Callas est entrée sur scène, sans chanter, et nous nous sommes retrouvés saisis par cette présence, ce charisme extraordinaire. (le nous englobait le public car notre professeur parlait là d'un vrai phénomène collectif)
Et elle s'est mise a chanter, et soudainement nous étions collés au fond de nos sièges par cette voix au timbre unique, par ce jeu d'actrice si juste, par cette musicalité si respectueuse du compositeur et de l’œuvre alliant sens du mot et de la note.
Mais surtout elle nous touchait physiquement, droit au cœur, oui, mais droit au corps.
Et lorsque sa dernière note prenait fin c'était comme si elle nous libérait de cette emprise et que nous pouvions enfin extérioriser nos ressentis, et nous nous retrouvions debout à hurler et applaudir sans nous en rendre compte."

Il n'était donc là pas uniquement question de timbre, de muscle ou d'émotion. Il était question de quelque chose de supérieur qui venait, non pas en sus, mais en base de tout le reste.
Car oui LA Callas était une immense technicienne de la voix, une musicienne qui respectait la partition comme personne, une actrice qui savait les rouages du jeu d'acteur, une interprète qui prenait son rôle à bras le corps.
Et il y avait cette présence...cette aura !
Et cela on le ressentait au disque, à la vidéo, imaginez donc en direct !
Emmanuelle Laborit, actrice sourde, raconte dans "le cri de la mouette" comment cette voix l'a saisie au ventre quand son ami l'écoutait sur son "tourne-disque".
Les aborigènes d'Australie sont émus aux larmes quand on leur donne à voir et à entendre Callas chantant Casta Diva.

Encore une fois il est question d'aura.
Et pour l’énergéticien que je suis ce mot n'est pas anodin.

Et si Callas avait tout simplement posé son ego de côté, quoi qu'on en dise et qu'on en pense, et laissé la musique et sa voix vibrer dans toutes ses dimensions. Pas seulement physique, émotionnelle, mentale... toutes les autres !
Et si c'étaient toutes ces dimensions qui venaient contacter les nôtres ? De cœur à cœur, de corps à corps, d’âme à âme ?

J'aime à le croire.

C'est cette expérience que je vis comme chanteur depuis maintenant plusieurs années (Attention pas de comparaison avec Callas !!) et que j'ai envie de transmettre à tous ceux qui ont envie de mieux connaitre leur voix ou mieux se connaitre par leur voix.

Comme j'ai encore beaucoup de choses à vous dire sur la voix et sur le potentiel qui existe chez chacun de nous...
Je reviendrai pour un second, ou deuxième, épisode.
En attendant voici la rencontre qui a changé ma vie alors que EMI sortait un album souvenir pour les 10 ans de la mort de Maria Callas : La voix du siècle (tout est dit).



Tous à l'opéra c'est encore demain !
Patricia Petibon en est la marraine.
Une chanteuse qui chante dans toutes les dimensions ? (la réponse est dans la question !)